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Comme Autrice

En douce

Cinq visites de Delphine à Ariane

Commande de texte de Julien Fisera, création Cie Espace Commun, novembre 2026

Une maison qui s’écoule, quelque part, dans le presque-Sud de la France. Un cerisier centenaire, des brebis. C’est l’été 1979 et Ariane, conférencière à la carrière brillante, vient, sur un coup de tête, se réfugier là.
C’est l’histoire d’une scientifique visionnaire dont les travaux furent rayés des mémoires et les lauriers attribués à ses confrères. Et de ses idées qui refont surface, comme des graines oubliées.
C’est une histoire faite de cycles, de saisons, de silences et d’espaces gigantesques découverts par hasard.

La pièce s’articule autour de cinq visites, à Ariane, de sa petite soeur, Delphine, sur deux décennies, et se clôt le 10 septembre 2001.

Entre temps, la maison craque, des oiseaux perdent des plumes, des pavillons poussent, des lacs jaillissent de terre, des cerises mûrissent, des pères disparaissant, des avions tombent, la tempête comme la canicule, laissent des traces, des grossesses adviennent et des fantômes dansent le long des précipices.

Il se passe aussi, ailleurs, plus ou moins loin, un certain nombres d’événements qu’on appellerait historiques.

C’est comme une saga familiale chuchotée, observée depuis la cabane dans l’arbre. Un huis clos ouvert sur le monde qui mélangerait les langues pour donner corps à ce qu’on ne sait dire.

Et, en sous-texte, un défi : dresser l’addition de ce que nous coûte (et par nous, entendre : le vivant) le système actuel (et par le système actuel, entendre le capitalisme-patriarcat- prédateur). Le résultat est : une blinde. Et la proposition de solution : une puissance de la douceur.

Equipe de CRÉATION

Texte : Clémence Weill
Mise en scène : Julien Fisera
Avec Julie Lesgages & Pauline Lorillard

Assistanat à la mise en scène : Laure Marion
Espace : François Gauthier-Lafaye
Création lumières : Juliette Besançon
Création vidéo : Jérémie Scheider
Musique et travail sonore : Anthony Laguerre
Travail du mouvement : Thierry Thieû Niang

« La douceur est un retour sur soi qui invente de l’avenir, à l’image de la spirale. Une révolution ouverte. »

Anne Dufourmantelle, Puissance de la douceur
Lire un extrait
3eme visite

Delphine rentre d’une promenade digestive nocturne.
ARIANE : Il pleut plus ?
DELPHINE : Ça se mobilise contre quoi ? T’as le seul terrain sans pancarte.
ARIANE : Ça se déchire. Pour ou contre une ferme-usine. 20.000 poules.
DELPHINE : La route a été refaite non ?
ARIANE : Pour draguer l’autoroute. Ils espéraient obtenir leur propre sortie.
La région se sent pousser des ailes de bitume. Toutes ces terres à orner de rond-points !
Le maire de Rochebrun a deux mots de vocabulaire : béton / progrès.

Les mentalités sont bien conservatrices dans le coin. M’étonne que la ferme-usine mobilise autant contre elle.
DELPHINE : Tu participes pas ?

Pourquoi tu participes pas ?

Ariane. Y a pas de piège là. C’est juste moi.

Enlève ton foutu costume d’impératrice du silence ou je repars seule à pieds dans la nuit noire et cette fois sans retour. Et je suis enceinte ! Ca pourrait être le début d’un Stephen King.

ARIANE : Je ne joue plus. Leur jeu.
DELPHINE : À qui ?